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Au Mali

 

 

Du 8 au 16 novembre : vers Bamako

Le 8 novembre nous quittons Kiffa et suivons la piste qui file vers le Sud et rejoint la ville de Kayes, au Mali. Sur cette piste, il n’y a pas de poste frontière. Nous avons effectué les formalités de douane à Kiffa et on ne sait pas vraiment quand on quitte un pays pour l’autre. Cependant, au cours de la journée, nous quitterons dans un contraste étonnant le désert du Sahara pour entrer dans la luxuriante Afrique noire. Le sable aride et les dunes disparaissent pour une plaine aux hautes herbes d’abord parsemée d’acacias puis d’arbres feuillus. Nous voyons ce jour là nos premiers baobabs. Les villages des nomades du désert, aux petites maisons cubiques sans fenêtre et aux tentes blanches cèdent la place aux villages de cases en terre aux toits de chaume. L’herbe est plus riche et de vastes troupeaux de vaches aux longues cornes remplacent les troupeaux de moutons, de chèvres et de dromadaires de Mauritanie. Les djellabas blanches et bleu ciel sont abandonnées au profit de vêtements aux motifs colorés. L’eau devient abondante : pas de problème pour faire le plein des 100 l qu’embarque OZ. Il y a quelques jours, à Kiffa, en Mauritanie, un vieil homme nous avait laissé prendre, en maugréant 40 l de son puits, pas plus.

Le soir nous bivouaquons dans la savane et fêtons les 2 ans de Rose. Léa prépare une crème au chocolat. Rose souffle fièrement ses deux bougies plantées sur des madeleines et ouvre son cadeau (aidée de Léa) : un clown Playmobil . Lorsque nous sommes tous couchés, nous restons à observer un moment un feu de brousse comme on en voit un peu partout et qui se déplacent à grande vitesse dans les herbes sèches de la savane. Heureusement, la lueur orangée qui illuminait de manière inquiétante l’horizon s’estompe et disparaît. Ne reste que le grand ciel étoilé et la nuit qui vibrionne des bruits d’insectes. Cela aussi nous change du grand silence des nuits dans le désert.

Nous arrivons à Kayes le mercredi 10 novembre et accomplissons les formalités d’entrée au Mali. : acheter des francs CFA, acheter une assurance pour la voiture, la police tamponne les visas et la douane les carnets de passage des véhicules. Au marché de la ville, c’est l’opulence. Fruits et légumes abondent. Lorsque nous avions trouvé des fruits à Kiffa, c’était encore une denrée rare et chère : il fallait chercher dans plusieurs épiceries, et clairement, ces fruits étaient un met que tous ne pouvaient s’offrir. A Kayes il y a de tout, pour tous. Nous refaisons nos provisions (et notamment une stock de délicieuses brioches) et reprenons la piste qui longe le fleuve Sénégal vers le Sud. Nous passons par les chutes du Felou et traversons plusieurs jolis villages de cases : Médine, Lontou, Sabousséré, Kakoulou… Les cases sont rassemblées en cercle dans une palissade. L’accueil des villageois est toujours chaleureu et celui des enfants , ravis de voir nos filles, tumultueux. A Sabousséré, Léa et Rose ayant chanté une comptine devant une trentaine des enfants du village, ceux-ci répondent en chantant leurs chansons, dont une qui nous semble être un hymne national . On s’applaudit mutuellement.

Nous arrivons le 12 novembre, après quelques passages très pierreux aux magnifiques chutes de Gouina . Le bivouac en face de ces magnifiques chutes et leurs couleurs changeantes dans les lumières du soleil levant ou couchant est un des plus beaux bivouacs de notre voyage. Le lendemain nous avons un peu de mal à retrouver la piste. La végétation est dense et nous entendons les branches des arbustes frotter douloureusement la peinture d’OZ. Nous trouvons finalement le chemin : une piste qui n’est pas très roulante et dont quelques marches de pierres, qu’OZ franchit sans peine, nous impressionneront.

A Bafoulabé, c’est ville déserte : nous entrons en début d’après-midi dans une petite cité qui accomplit son dernier jour de carême. Le soir, on fête la fin du Ramadan. Nous sommes malgré tout accueillis par un étrange monument : un énorme hippopotame, sans doute là en raison de a présence de ces animaux jadis dans le fleuve. Nous traversons le Bafing sur le pont du chemin de fer.

La piste en latérite rouge, riche en trous et pièges en tout genre, et toujours la redoutable tôle ondulée, file à travers la campagne vers la ville de Manantali et son gigantesque barrage, puis Kita. OZ et son équipage se couvrent de poussière rouge. Il y en a partout : dans la voiture, sur les vêtement, dans les narines et les oreilles. Nous sommes en train de perdre dans notre lutte quotidienne contre la poussière et nos vêtements douteux jurent nettement avec ceux des maliens, élégants et d’une propreté impeccable.

Sur la route, nous verrons des dizaines de villages de cases. Certaines, plus modernes, sont en parpaings gris avec toujours le toit de chaume. Beaucoup moins charmantes que les cases de terre rouge, nous supposons qu’elle sont néanmoins plus confortables. Les enfants accourent vers la voiture : « Toubab ! Toubab (le blanc !) Donne moi cadeaux ! ». Nous verrons aussi des champs de coton, mouchetés de blanc. Le coton y est cueilli et rassemblé en gros tas d’une neige inattendue sous les 40°C du soleil malien.

Et partout des femmes, avec un bébé dans le dos, portent de grosses bassines d’eau sur leur tête ou lavent leur linge dans des rivières. D’ailleurs, Léa et Rose commencent à faire de même avec leurs jouets et s’amusent à les porter sur leur tête.
Nous arrivons à Bamako le 16 novembre.

Du 16 au 19 novembre : à Bamako

Nous resterons 4 jours à Bamako. Pas tant pour visiter les charmes de cette ville qui n’en présente pas beaucoup, mais surtout régler tout un tas de choses, comme le permet une capitale : révision et entretien du 4X4, prendre les visas pour le Burkina Faso, donner des nouvelles à la famille, actualiser le site,…

C’est à Bamako que nous faisons nos adieux à Pascal et Anne-Sophie, nos compagnons de route depuis le Sud marocain. Chacun sa route…

Bamako est une grande ville moderne, bruyante et polluée, qui possède son lot d’embouteillages. En son centre coule le large fleuve Niger. Deux grands ponts enjambent le fleuve dont les berges et les eaux stagnantes hébergent de voraces moustiques. Le grand marché de Bamako, en plein centre ville est à voir. On y vend de tout, dans un dédale démesuré d’étals et de boutiques de toutes tailles. Les ONG, des plus connues aux plus obscures, sont légions et l’humanitaire semble être une industrie florissante à Bamako.

Arrivant en ville de bon matin, nous nous installons à la pension Séguéré, tenue par un Français, dans le quartier de Torokorobougou, au pied du pont du roi Fadh, qui mène en centre ville. L’accueil n’a pas la chaleur de celui de Juste du Bab Sahara d’Atar, mais la propreté est impeccable et le lieu charmant. Comble du luxe, notre chambre possède une salle de bain, et, encore mieux, une baignoire. A sa vue Léa et Rose sautent de joie, se défont de leurs vêtements en un clin d’œil pour de longs bains rafraîchissants. A la pension, Léa fera la connaissance de Basile, un petit garçon de 4 ans et demi, en voyage lui aussi avec ses parents : enfin un copain de son age ! il sera désormais difficile de lui faire quitter l’hôtel !

bus BamakoisLa circulation dans Bamako est hasardeuse et d’autres voyageurs que nous avions rencontré, nous avaient fait part de leurs ennuis avec la police distribuant largement des amendes pour arrondir les fins de mois. Nous nous déplacerons donc en « sotrama » : de petites camionnettes vertes dans lesquelles on s’entasse, sur des bancs de bois, à une vingtaine. Biens moins chers que les taxis, ces bus sont pittoresques et permettent de rencontrer les bamakois, toujours prêts à aider les « toubabs » désorientés. L’usage des petits bus verts apporte son lot d’aventures et d’anecdotes. Des rabatteurs cherchent et entassent les clients dans le bus qui ne démarre qu’à plein. Cela prend un certain temps et lorsque le chauffeur souhaite démarrer, il se rend compte alors des éventuelles anomalies de fonctionnement de son bus. Nous connaîtrons ainsi le bus qui a sa roue crevée (on essaie de changer la roue avec les passagers dans le bus : émotion), le bus en panne (le chauffeur, voyant sa paie s’envoler, essaie d’interdire aux passagers hilares, de descendre pour prendre un autre bus), le bus qu’il faut pousser pour démarrer.

Quelques petites aventures pimenteront notre séjour dans la capitale malienne :

Le guide du routard indique l’ambassade du Burkina dans le quartier de l’hippodrome, à l’opposé de notre pension. Après un long voyage en « sotrama » avec correspondance (pas facile !) dans la chaleur et la pollution, nous nous rendons compte en arrivant devant le bâtiment que l’ambassade a déménagé : elle se trouve désormais à deux pas de la pension où nous logeons ! Re-grand voyage vers le point de départ pour déposer nos demandes de visa.

Une fois la formalité accomplie et les visas payés, nous souhaitons retirer de l’argent. Mais il n’y a qu’un distributeur d’argent à Bamako acceptant les cartes visa… et il est en panne. On peut retirer de l’argent dans une banque avec la carte mais avec le passeport…que nous venons de déposer à l’ambassade du Burkina…en attendant de récupérer nos passeports, nous comptons pièce par pièce nos derniers CFA pour manger et nous déplacer !

Dans le grand marché, Pascal, en prenant « discrètement » une photo, déclenche un esclandre avec un vendeur du marché aux gri-gri (grand étalage d’animaux morts en tous genres, caïmans, tortues, perroquets, peaux de serpents, cornes diverses, peaux poilues, à écailles,…) Un policier s’en mêle. Seul l’effacement « discret » de la photo numérique apaisera les esprits. Nous sommes un peu déçus par ce scandale inutile…

Saturés de poussière et de pollution, nous quittons Bamako le 19 novembre en fin de journée, à bord d’OZ, enfin propre, pour la première fois depuis le Maroc. (Le lavage a révélé quelques douloureuses cicatrices sur la peinture dues aux pistes en brousse…). Nous empruntons la route qui mène à Ségou. Impossible de trouver un endroit pour bivouaquer le long de cette voie très fréquentée en zone très habitée. Nous demandons finalement à camper dans la cour d’une ferme en construction. Elle appartient à un policier de Bamako, qui nous fait très bon accueil et nous offre, pour nous protéger des mauvais esprits au cours de notre voyage, 3 citrons. En terre d’Afrique, nos esprits cartésiens cèdent et nous rangeons soigneusement les citrons protecteurs dans la voiture.

Le 20 novembre : vers Ségou

Mosquée de SegoukoroLe 20 novembre, nous quittons notre chaleureux policier, et reprenons la route goudronnée pour Ségou. De nombreux camions et autocars y roulent « à tombeaux ouverts » : si l’asphalte est impeccable, la conduite doit être vigilante ! La route est jalonnée de haltes routières où bus et camions chargent et déchargent passagers et marchandises. A ces arrêts se rassemblent des échoppes diverse : rôtisseries, marchands d’essence, vendue en bouteille de verre, réparateurs de pneus,…

Avant d’arriver à Ségou, nous faisons une halte à Ségoukoro, l’ancienne ville de Ségou. Après avoir salué (et payé) le chef du village, nous visitons le village installé sur une rive du Niger. Escorté par l’éternelle cohorte d’enfants curieux, nous déambulons dans le village et admirons l’architecture des maisons d’argile rouge, les mosquées (dont une, surélevée, offre une belle vue sur le fleuve), du palais de justice. Nous verrons aussi le tombeau du fondateur du royaume bambara de Ségou.

GALERIE VERS SEGOU

Le 21 novembre : à Ségou

Nous entrons le matin du 21 novembre, après un bivouac en brousse, à Ségou. Nous nous promenons sur la berge du large fleuve, calme comme un lac, où se concentre beaucoup d’activités : des femmes faisant leur toilette, lavant le linge ou la vaisselle qu’elles transportent sur leur tête, des jardins cultivés au plus près de l’eau du fleuve, des marchands de poteries, un amical charpentier de pirogues. Une famille nous expliquera les techniques de fabrication des tissus bogolan, aux motifs ocres, tracés avec l’argile du fleuve. Nous marcherons dans une rue bordées d’anciennes maisons coloniales, en piteux états, dans lesquelles sont installées les administrations maliennes. Le temps semble s’être arrêté dans ces demeures délabrées aux jardins en friche.

Nous rencontrons le sympathique maire de la ville de La Flèche (en Sarthe) qui est en mission humanitaire au Mali. Notre plaque 72 l’a intrigué, et il vient aux nouvelles.

Nous embarquons sur une pirogue à moteur qui nous emmène, à une heure de là, à Kalabougou, un village de potier. Les femmes y fabriquent, les samedi et dimanche, des poteries qu’elles cuisent le dimanche dans des grands feux de fagots allumés au centre du village. Rassembler cette énorme quantité de bois et de fagots constitue le travail harassant, en brousse, de toute la semaine ! Nous avons de la chance, on est dimanche et nous assisterons à la patiente conception des poteries et à leur impressionnante cuisson.

Nous rentrons de notre visite à la nuit tombante, trop tard pour chercher un bivouac. Nous trouverons accueil à la mission catholique de la ville qui nous autorise très exceptionnellement (la mission loue des chambres) à ouvrir notre tente dans leur enceinte. L’établissement est très propre et calme et nous savourerons l’accueil.

GALERIE A SEGOU

Les 22 et 23 novembre : vers Djenné

En quittant Ségou, le 22 au matin, nous écopons de notre première amende africaine : alors que nous stationnons sur un bas côté, un policier estime que le Land gêne la circulation. C’est jour de marché à Ségou, et lorsque l’on voit le capharnaüm qui règne en ville, le prétexte peut sembler saugrenu. Mais le policier réclame 5 000 CFA (50 FF). On discute, négocie, et l’amende se réduit de moitié à 2 000 CFA. Ce n’est pas très grave mais on est un peu vexés quand même. Il faut cependant reconnaître qu’à ce stade de notre périple, nous avons parcouru plus de 7 000 km au Maroc en Mauritanie et au Mali et nous n’avions rencontré que des représentants de l’ordre accueillants et honnêtes. Il y a, certes, toujours des demandes de cadeaux, mais toujours courtoises, que nous déclinions, sans problème, aussi poliment.

Nous quittons la route goudronnée à Zinzana pour emprunter une piste de latérite rouge trouée de nombreux nids de poule. Nous traversons alors des paysages enchanteurs où champs de mil, baobabs et villages de cases se succèdent. Nous croisons de nombreux paysans qui nous saluent amicalement. Nous suivons une mauvaise piste qui devient peu à peu piste pour vélos et enfin traces pour les troupeaux… Le Land s’emmêle dans les broussailles. On tournicote un peu et, à l’aide de notre carte et du GPS, et des indications des gens croisés, on retrouve finalement la bonne route.

Battage du MilAprès Fatimé, la piste, refaite récemment, devient très roulante. Alors que nous poursuivons notre remontée vers le Nord, les baobabs disparaissent et font place aux palmiers. Nous traversons alors de beaux villages de maisons carrées construites en briques de terre grises. Aux lisières de tous ces villages, des hommes extraient d’un grand trou, qui devient une mare, l’argile avec lequel ils fabriquent les briques. Chacun des villages possède aussi sa mosquée, construite dans le style des mosquées de Tombouctou ou de Djenné, avec un crépi d’argile grise. Dans l’un d’eux, Léa et Rose seront invitées par des femmes à participer au battage du mil. Elles se livrent, ravies, au jeu. Il faut dire que depuis le début du voyage elles s’africanisent : elles portent leurs jouets sur la tête et leurs poupées dans le dos, à la manière des Africaines.

MosqueeLe marché de Djenné, vers laquelle nous faisons route, est très réputé, mais a lieu le lundi. Nous l’avons manqué. Par chance, nous arrivons au village de Mougna le mardi 23 novembre, jour de marché. Depuis quelques kilomètres, nous doublions une foule qui convergeait vers Mougna, à pied, en vélo ou à bord de charrettes. Nous arrivons dans un village en ébullition, embouteillé de charrettes tirées par des bœufs aux longues cornes ou des ânes. Ici se rassemblent pour le commerce toute une foule multicolore : des bergers nomades Peuls (dont les hommes portent des chapeaux de paille et de cuir et dont les femmes ont les lèvres tatouées et portent bijoux d’ambre et d’or), des Touaregs (aux larges djellabas, se protégeant avec leurs turbans de la poussière omniprésente et portant quelques fois le poignard). Nous nous promenons, traînant notre sillage d’enfants, parmi les étals de ce grand marché. C’est un grand marché sahélien : si les marchands sont nombreux, les denrées alimentaires ne sont pas variées. L’abondance du Sud a disparu, et la proximité du Sahara se ressent. Les seuls fruits que nous trouveront sont des oranges. On y trouve par contre du mil, de la viande, des plaques de sel, des racines, du thé, du sucre… et tout ce qui ne se mange pas : les éternelles bassines en plastique bicolore que nous voyons partout au Mali, des popottes en métal, des pièces mécaniques, des piles,.. Un petit garçon accourt vers Rose avec de l’argent qu’il lui donne : c’est une demande en mariage, que nous acceptons, évidemment, sous l’œil hilare de la famille de l’enfant.

La piste nous mène dans l’après midi, par un long pont surplombant les marais à Djenné.

GALERIE VERS DJENNE

Les 23 et 24 novembre : à Djenné

Djenné, appelée la « sœur jumelle de Tombouctou » a ses maisons et sa mosquée construites en argile du fleuve, comme celles des petits villages que nous avons traversé jusque là mais…en beaucoup plus grand. L’architecture de l’ensemble est vraiment étonnante et dépaysante. Cependant, les égouts de la ville s’écoulent au milieu de chaque rue et gâte un peu la féerie de l’ensemble.
Mosquée de DjennéLe 24 novembre, nous nous apprêtons à quitter Djenné. Alors que nous roulons au pas dans une ruelle, deux enfants nous croisent sur un vélo zigzaguant dangereusement. Pascal freine mais trop tard : les enfants tombent et le vélo glisse entre les roues du Land qui écrase la roue avant du vélo. Les enfants sont sains et saufs. Nous avons eu vraiment peur ! Des curieux s’approchent. Malgré la présence de deux témoins qui expliquent avec nous que nous n’y sommes pour rien dans l’accident, on commence à nous demander, plus ou moins agressivement, de l’argent. Il faut payer pour réparer le vélo ou pour soigner les enfants (qui n’ont rien). Nous sommes ici de riches « toubabs » et il est sûr que certains malhonnêtes y voit une occasion de gagner facilement de l’argent. Craignant que la situation ne tourne complètement en notre défaveur, nous prenons rapidement la tangente après avoir donné de l’argent à l’enfant pour son vélo.
C’est un peu stressés par notre aventure, en repensant à l’accident évité de justesse, que nous prenons le bac pour quitter Djenné. Nous suivons l’asphalte jusqu’à Bandiagara, en passant par Sévaré.

GALERIE A DJENNE

Du 25 au 28 novembre : dans le pays Dogon

A Bandiagara, nous prenons un guide, Amadou Traoré, avec lequel nous remonterons, 3 jours durant, la piste qui longe la fameuse falaise de Bandiagara du pays Dogon. Dans cette région ultra-touristique, le business est roi et la visite des villages ne se passe agréablement qu’accompagné d’un guide. Le pays Dogon profite à fond de la manne touristique. Nul ne peut visiter ou prendre une photo sans bourse délier. Le guide lisse les contacts, qui sont, en sa présence toujours agréables. Il sait repousser les enfants envahissants, connaît les multiples interdits qui règnent dans les villages animistes et paie les différents tributs instaurés par chaque village. Certains guides racontent même l’histoire de leur pays. Pas le notre. Peu disert, il nous montre le chemin sans s’étendre en explications. Heureusement nous avons quelques bouquins ! De plus Amadou essaiera, au cours du voyage, de nous laisser en cours de route : 2 jours de « guide », évidemment payés 3. Il argumente !. Heureusement, nous n’avons pas encore payé la totalité de la somme due : Amadou restera finalement 3 jours avec nous. Nous ne saurons conseiller ce guide à d’autres voyageurs…

Si les villages habités, qui se trouvent au pied de la falaise, ne sont pas très différents d’autres villages que nous voyons au Mali, leur mise en valeur dans un des rares reliefs de ce pays plat , est réelle : la falaise orangée, les dunes de sable, les champs de mil et les baobabs, les cases et les silos à grains constituent un délice pour les yeux. De plus, dans la falaise se trouvent les anciens villages Dogon, du temps où il fallait se protéger d’agresseurs, et les villages troglodytes des pygmées qui ont été chassés par les Dogons, dans des temps encore plus anciens.

Comme en Mauritanie, le guide s’installe à l’avant du Land, à côté de Pascal. Léa et Nathalie, qui a Rose sur les genoux, sont à l’arrière. Et « l’autobus malgache » part en visite…

En haut de la falaisePour emprunter la route bétonnée qui descend en bas de la falaise, nous traversons d’abord le village de Djiguibambo. Nous visiterons le joli village Kani Kambolé avec ses mosquées et ses nombreux baobabs. Le baobab est l’arbre sacré des Dogons : ils utilisent les feuilles pour faire des sauces, mangent le fruit ou confectionnent avec des instruments de musique, et tressent des cordes avec son écorce. Les baobabs du pays Dogon portent ainsi à leur base les cicatrices caractéristiques de leur écorce prélevée. Nous visitons l’ancien village de Téli qui offre une belle vue de la plaine en contrebas. Depuis la falaise, tous les sons provenant du village habité en contrebas nous parviennent dans un bruyant méli-mélo de discussions, bruits d’outils, de cris du bétail… Dans l’ancien village d’Endé, nous rencontrons le plus vieil habitant d’Endé qui vit seul, en ermite : c’est le sage, gardien des traditions.
La longue marche Nous escaladons la falaise jusqu’au village d’Indelou, en passant par la faille du même nom. Une longue marche, avec des passages vertigineux (ceux qui connaissent apprécieront) que Léa accomplit entièrement, toute fière de faire de « l’escalade ». Ces efforts sont récompensés par la visite du joli village d’Indelou où nous dormons à la belle étoile. Nous redescendons d’Indelou en visitant au passage le village de Benimatou. Dans ce village chrétien, nous verrons le premier cochon de notre voyage. A Amani nous allons voir les caïmans sacrés. Mais les divins reptiles, se chauffant au soleil, ne bougent même pas une paupière. Léa et Rose, un peu déçues, semblent douter de leur réalité.
porte Dogon Irelli est le village qu’a visité Jacques Chirac, lors de son passage au Mali, il y a quelques mois car c’est un des plus beaux villages. Nous y voyons en effet une belle « case à palabre » peinte. La case à palabres est le tribunal. C’est une sorte d’abri sous lequel on ne peut se tenir debout : lorsqu’un différent existe entre deux protagonistes très énervés, le plafond bas tient tout le monde voûté et empêche les bagarres.
La case à palabre d’Irelli porte un étonnant totem où est représentée une paire de tongs ! Le village animiste de Yuga, perché dans les rochers est spectaculaire. Des habitants occupent encore les logements troglodytes abandonnés dans les autres villages. Nous visitons au pas de course le village de Banani où la pression touristique est la plus intense : à fuir !

Après ces 3 jours riches et passionnants nous quittons notre guide et poursuivons seuls la piste vers le Nord au milieu d’un magnifique paysage de savane. Nous quittons le pays Dogon le 28 novembre en fin de journée. Et nous regagnons le bitume à quelques kilomètres de la ville de Douentza.

GALERIE AU PAYS DOGON

Les 29 et 30 novembre : les monts Hombori

Depuis Douentza, nous partons en direction de Gao pour rejoindre la ville de Hombori. Cette route est bordée de pitons rocheux genre « Colorado ». A tout instant on s’attend à voir surgir une diligence ou un groupe de Sioux. Mais point de western : nous verrons des troupeaux de chèvres et de moutons, ou de vaches aux longues cornes, escortés de leur berger Peul au chapeau conique. Aux environs d’Hombori, alors que l’on se rapproche du désert, les bergers chevauchent parfois des dromadaires. Les montagnes sont impressionnantes : dans un paysage complètement plat, d’immenses falaises jaillissent d’un cône d’éboulis et se dressent sur plusieurs centaines de mètres, vers le ciel. A leurs pieds se sont installés quelques villages qui semblent minuscules aux pied des colosses.

Pas de chance, le 28 novembre, l’harmattan s’est levé. C’est la saison de ce vent sec, chargé de la poussière qu’il soulève du sol. Avec le soleil, il recouvre le paysage d’un voile blanc aveuglant. Sur les bas cotés de la route nous verrons ainsi surgir d’un brouillard blanc les énormes masses des montagnes. Coup de chance, le 29, l’harmattan est tombé et nous profitons pleinement de la perspective du mont Hombori, la montagne la plus haute du Mali (1 155 m) et de la main de Fatima, une montagne vertigineuse qui présente la forme d’une main dressée.

Nous effectuons à la douane de Hombori et à la gendarmerie de Boni les formalités de sortie du Mali. De Boni, nous suivons une piste qui file à travers la brousse vers le Sud et le Burkina Faso.

GALERIE LES MONTS HOMBORI

Le voyage se poursuit au Burkina Faso

Mise à jour : 14/12/04