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Du 1er au 4 décembre 2004 : vers Ouagadougou

Dernière mise à jour : 8 févr.

La piste qui descend vers le Burkina est sableuse. Nous renouons avec la conduite particulière à cet élément : une vitesse suffisante pour éviter l’ensablement mais pas excessive pour conserver le contrôle du véhicule. Surtout qu’ici, à la différence du désert, les arbres et arbustes de la brousse bordent la piste pour accueillir une éventuelle sortie de route...

Nous nous éloignons d'une centaine de mètres de la piste pour passer la nuit. Nous avons une petite frayeur car nous sommes réveillés en pleine nuit par le moteur d’un camion, des voix, des bruits de ferraille. Nous n’avions jusqu’à présent croisé aucun véhicule sur notre trajet. Inquiets, nous observons depuis la tente une certaine agitation autour d’un camion arrêté sur la piste. Des silhouettes s'agitent devant la lumière des phares. Mais nous reconnaissons les bruits caractéristiques d’un véhicule enlisé qui essaie de s'extraire du sable mou. Rassurés, nous les laissons se livrer aux joies du pelletage et des plaques à sable sous le ciel étoilé et nous rendormons.


Le lendemain, nous effectuons sans problème les formalités d’entrée au Burkina Faso à Baraboulé. De là, une belle piste de latérite rouge nous mène à Djibo pour les formalités de douane, réalisées sans difficulté. Au marché, nous nous régalons de frites de patates douces. Nous passons à proximité du marché au bétail où les nomades se rendent à dos de dromadaire.


Le Burkina est un pays plat et la petite reine envahit les routes. Les vélos, que nous commencions à voir en nombre au Mali, sont ici partout. Les portes bagages sont chargés de toutes sortes de marchandises : monceaux de bûches de bois, grappes de bidons vides, cages à poules et même moutons ou chèvres parfois ligotés à plusieurs sur une même vélo. Au mois de novembre a même eut lieu le Tour du Faso.



De Djibo, nous poursuivons vers l’Est et Dori au travers d’un paysage sahélien de brousse clairsemée et de baobabs.






Nous croisons de nombreux villages de nomades éleveurs, les Peuls. Parfois de simples huttes en paille, leurs villages sont aussi parfois composés de cases « dures » environnées de jolis petits greniers à céréale. Ces petites huttes donnent l’impression que les hommes cohabitent avec de mystérieux lilliputiens.



Sur notre route, nous passons à de nombreuses reprises des barrages permettant la retenue des eaux. Dessus flottent de nombreux nénuphars ou « sièges à grenouilles » ! (selon Léa).




A Dori nous prenons la piste qui mène au Sud à Ouagadougou. Cette piste, très large, en latérite rouge est couverte sur toute sa largeur d’une redoutable et fatigante, pour le véhicule et l’équipage, tôle ondulée. Nous sommes soumis, pendant des heures interminables, à l’épreuve du shaker !


Le 2 décembre, avant d’arriver à Kaya, nous visitons l’étonnant village de Bani qui possède 7 mosquées. Un enfant du village fait des rêves étranges. Adolescent, il est un peu mystique et solitaire. Il part en voyage et, à 40 ans, de retour chez les siens, ses paroles sont reconnues comme celles d’un prophète par les marabouts. Il convainc alors les 4 000 habitants de son village de construire une vaste mosquée. Suivent bientôt 7 autres petites mosquées sur la colline surplombant la ville. Construites en banco, c'est à dire des briques de terre et paille, recouvertes d’un crépis de terre, dans le style soudanais, elles doivent être entretenues régulièrement après chaque saison des pluies. Leur construction et leur entretien occupent de nombreux volontaires tous les vendredis.

Malheureusement, la rupture, en 2000 d’un barrage proche prive le village de l’eau nécessaire à l’entretien des crépis. En juin 2004, le minaret de la grande mosquée s’est même écroulé.

Le minaret de l’une des petites mosquées est habité par de petites chauve-souris noires qui virevoltent en piaillant à notre approche. Elles s’accrochent, tête en bas, sur les murs environnants. Léa et Rose découvrent de près, ravies, cet étrange petit animal.


A Kaya, c’est pénurie d’eau : à chaque puits, une queue interminable de barriques, bidons et sceaux que les habitants placent là en attendant leur tour. Nous renonçons à faire notre plein, impressionnés par une telle affluence.


A Manéga nous visitons le musée de la bendrologie et de la termitière. Le premier avocat du Burkina, Tittenga Frédéric Pacéré, a bâtit les vastes bâtiments de ce surprenant musée dans la brousse près de son village natal. Il est dédié aux rites et coutumes de différentes ethnies qui habitent au Burkina : Mossi, Peuls, Yonyonsé, Dogons, Bobos,… Des habitations traditionnelles sont reconstituées, les différents rites funéraires expliqués. Une visite riche en enseignements.


A l’approche de la capitale, nous dépassons des files de nombreuses petites charrettes tirées par un âne conduit par un adolescent et chargées de bûches de bois : elles alimentent ainsi les foyers de Ouagadougou en combustible. Dans l’autre sens, les charrettes repartent à vide, dans une même interminable file, le jeune homme souvent endormi dans sa charrette, le bourricot semblant connaître la route. Il ne nous reste donc plus que le milieu de la piste, très abîmée, pour rouler.



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