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Du 26 octobre au 4 novembre 2004 : de Atar à Tidjikdja

Dernière mise à jour : 17 févr.

Du 26 octobre au 4 novembre, Moulay nous guide dans un magnifique voyage dans le désert. Nous découvrons de multiples visages du Sahara et des paysages grandioses qui ne rentrent pas dans le cadre d’une simple photo.



Les Ergs de sable, vastes océans de dunes qui s’étendent en vagues colorées à perte de vue. Les couleurs du sable se déclinent depuis le blanc du sable « neuf » jusqu’au orange-rouge du vieux sable brûlé par le soleil, en passant par des jaunes citron étonnant.

Nous traverserons des Regs, plateaux pierreux interminables. Dans ces paysages lunaires, seules quelques touffes d’herbes éparses rappellent que l’on est encore sur Terre. Certains de ces plateaux arborent des assortiments étranges de couleurs et les paysages ressemblent à des négatifs photographiques : la terre est rouge, les montagnes et les rochers d’un noir brillant, les herbes jaunes… Seul le ciel, d’un bleu limpide, possède la bonne couleur, et rappelle que ce monde est réel.


Bizarrement, il y a des végétaux pratiquement partout dans le Sahara. Des touffes d’herbe à chameaux. Nous verrons aussi des quantités des redoutables acacias dont les épines, qui atteignent plusieurs cm sont capables de percer un pneu. Il y a aussi des arbustes sans feuille et aux longues racines horizontales à l’écorce si blanche qu’elle semble argentée. On y voit en abondance, les surprenants calotropis, seuls arbres aux larges feuilles vertes et grasses dans ce monde de végétaux recroquevillés, et dont la sève est empoisonnée.

Nous parcourons en 10 jours, 830 km de pistes éprouvantes pour les véhicules et les passagers : des pistes de sable, simples traces dans le sable mou, dans lesquelles le 4X4 est freiné et ne progresse que le moteur poussé constamment à haut régime ; ou bien des pistes de pierres qui font un bruit d’assiettes cassées sous les roues et tailladent joyeusement le caoutchouc des pneus. Quelques fois de belles marches de pierre nécessitent une progression pas à pas du véhicule et les amortisseurs couinent douloureusement.


Lorsque la piste devient un terrain roulant, dur et sans aspérité, le passage de multiples véhicules l’a transformé en redoutable tôle ondulée : toute la voiture vibre et semble se déboulonner entièrement. Certains conseillent d’y rouler à grande vitesse, comme les locaux. La voiture « plane » alors au-dessus des aspérités. Pour notre part, nous préférons zigzaguer et rouler lentement. Qui va piano…


Rose résumera, un matin, notre voyage en déclarant, avec une déconcertante concision : « deux 4X4, du sable, du sable, du sable… ».





Les nomades font preuve d’une grande hospitalité dans ce monde hostile. Introduits par notre guide Moulay, nous sommes régulièrement invités à boire le thé sucré. Léa s’intéresse beaucoup à cette cérémonie du thé qui est servi en 3 fois : « un premier thé amer comme la vie, un second doux comme l’amour et un dernier suave comme la mort ». Certains proposeront même d’égorger une chèvre pour nous offrir le méchoui. Mais c’est le mois du Ramadan et nous déclinerons souvent pour ne pas perturber leur jeûne. Un soir cependant, Rose appréciera tellement cette biquette rôtie qu’en voyant des troupeaux de chèvres elle s’écriera par la suite, « manger biquette ! manger biquette ! ». Ces invitations sont d’autant plus touchantes que ces gens sont très démunis. Nous avons été invités à manger le couscous mauritanien : juste de la semoule, sans légume (où les trouveraient-ils ?) ni viande. Quelques raisins secs donnent un gout sucré…


Les nomades sont aussi curieux de nos filles. Les petites mèches blondes de Rose les intriguent beaucoup. Certains nous disent qu’ils n’ont jamais vu d’aussi jeunes enfants de touristes… Leurs enfants s’attroupent en groupes curieux. Léa et Nathalie auront le droit à des tatouages au henné, réalisés le soir, sous le ciel étoilé, dans la tente nomade.



Nous croisons une multitude de troupeaux de chèvres, de moutons et de dromadaires, élevés par les nomades. Par chance, nous ne verrons aucun animal dangereux, serpent ou scorpion. Par contre, les scarabées, qui vivent nombreux partout dans le désert deviendront rapidement un jeu pour Léa et Rose qui les attrapent, les collectionnent, les manipulent à pleines mains… Lorsque nous prenons le thé, certains nomades leur ramènent même les scarabées sous la tente pour qu’elles puissent jouer avec.


Nous voyons le Fort Sagane, construit de toute pièce pour le film et à l’abandon depuis avant de descendre la passe d’Amodjar. Nous longeons les immenses dunes de l’Erg Maghtir vers le Nord-Est en roulant sur deux lacs salés Sebket Chemchâm : une étendue lisse à la conduite reposante. Nous voyons la belle montagne noire Aderg littéralement prise d’assaut par les grandes dunes de l’Erg qui s’y adosse pour atteindre presque le sommet.



Au village d’El Beyed, nous visitons le petit musée de la préhistoire qui rassemble un nombre impressionnant de « bifaces », des pierres taillées préhistoriques, trouvées dans le désert.




Depuis El Beyed, nous chevauchons des dromadaires pour voir un site de peintures rupestres et pique-niquer au bord d’un guelta (lac). Léa est ravie de sa méharée et perche fièrement en haut de son chameau. Pascal et Nathalie se succèdent sur le second avec Rose qui dort, bercée par le mouvement chaloupé.



A El Beyed, Nathalie donnera une consultation médicale au maître d’école : il est inquiet et présente une pile d’examens, d’ordonnances et de radios. L’obstétrique mène à tout… mais il ne semble pas souffrant. Ses amis hilares se moquent de l’hypocondriaque.

D’El Beyed, nous redescendons vers le sud en traversant le gigantesque triple cratère Guelb er Richât : trois cratères concentriques de plusieurs dizaines de km de diamètre. A Ouadane, nous visitons la vieille ville abandonnée qui surplombe une vallée où abondent les palmiers. Nous admirons la ville sous la lumière dorée du couchant. Sur la piste de Chingetti, nous nous reposons dans la fraîcheur végétale des oasis de Tanoucert puis de Tkemkemt.



Lorsque nous bivouaquons, des scarabées sortent du sable, sans doute attirés par la fraicheur du soir et par l'eau que nous répandons en faisant notre toilette, pourtant chiche en eau. Rapidement, la capture et la collection de ces petits animaux devient une occupation pour les filles. Nous inventons même le "lâché de scarabées"....




A Chingetti, nous verrons l’une des nombreuses bibliothèques familiales de la ville qui contient des manuscrits arabes pouvant dater du XIème siècle. Mais c’est encore le ramadan et notre guide somnole en marmonnant quelques explications inaudibles. Nous poursuivrons vers le sud en passant près de la montagne Zarga et verrons Aoueloûl, un cratère de météorite de 400 m de diamètre. Les deux 4X4 escaladent l’impressionnante dune de Taoujafet. Nous passons par le joli village de Rachid car sa colline offre un point de vue : pas de chance, ce jour-là un vent de sable nous masque la vue sur l’oued et l’oasis. Nous arrivons finalement à Tidjikja.



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