• Scalp

Du 15 au 20 juillet 2005 : à Nairobi

Dernière mise à jour : 5 juil.


L’ancienne route pour Nairobi zigzague le long de l’escarpement du Rift. Cet itinéraire offre l’avantage de superbes points de vue sur l’immense vallée. Le long de la route, des cabanes de bois sont accrochées au dessus du vide et vendent des souvenirs. Même l’arrêt pour une photo de la vallée est payant ! Tous les moyens sont bons pour gagner quelques shillings. Sur les pentes raides de la route, nous nous traînons, coincés dans le sillage de fumée noire et malodorante des poids lourds qui escaladent la montagne au pas.


D’énormes embouteillages nous accueillent à Nairobi. La ville est immense et semble riche. Les shoppings centers et supermarchés sont légions. Nous récupérons notre carnet de passage envoyé par DHL par l’Adac . Ce nouveau carnet nous ouvre la porte de l’Egypte. Avec notre visa du Soudan en poche, la route du retour semble toute tracée et pendant quelques minutes, cela nous semble du « tout cuit », mais… se faufilant entre les files de voitures, les vendeurs de journaux brandissent une bien mauvaise nouvelle : plusieurs centaines d’hommes armés ont massacré un village entier (près de 100 personnes) aux environs de Marsabit. Bandits venus d’Ethiopie ? Episode de l’incessante guerre de l’eau et du bétail à laquelle se livrent sédentaires et nomades ? L’armée kenyane s’est déployée dans la région à la recherche des meurtriers. Les villageois apeurés affluent vers Marsabit et s’entassent dans des camps de réfugiés. La route Marsabit-Moyale est fermée. C'est la seule route pour l'Ethiopie. Stupeur dans le Land : nous ne savons que faire…

En attendant d’y voir plus clair, nous nous affairons 6 jours durant dans la capitale kenyane afin de préparer la suite du voyage. Nous profitons de l’hôpital performant pour vérifier que Léa et Rose sont bien débarrassées de leur amibe. Nous faisons réparer la climatisation de la voiture qui ne nécessitait finalement qu’une recharge de gaz réfrigérant. Nous avons trouvé le garage de Schumacher, un Allemand passionné de Land Rover. Le Land y est nettoyé, vidangé, graissé au cours d’une nouvelle séance d’entretien. Léa en profite pour jouer avec Filou, le minuscule chiot de Schumacher. Nous faisons faire une nouvelle paire de lunettes pour Léa, les siennes étant rayées jusqu’à en devenir opaque. Nous remplissons nos bouteilles de gaz. Nous actualisons le site. Nous obtenons le visa pour l’Ethiopie…etc…


Mais nous ne faisons pas que travailler à Nairobi. Nous assistons, dans un orphelinat d’animaux, au repas d’un bébé rhinocéros et d’un groupe d’éléphanteaux. Les soigneurs nourrissent ces jeunes animaux avec d’énormes biberons de 5 litres engloutis en un clin d’œil. Les petiots, qui ne dépassent pas 2 ans, sont déjà plus gros que leur « maman humaine » d’adoption qui paraît bien frêle.







Les éléphanteaux notamment sont très câlins et se frottent au soigneur en réclamant moult papouilles. Ils sont également très joueurs et courent et shootent dans un ballon pour la plus grande joie de Léa et Rose.










Au « Girafe Center », nous nourrissons des girafes de petites graines qu’elles viennent saisir dans nos mains de leurs grosse langue grise. Pour être accessibles de ces hautes bêtes, nous sommes perchés sur une passerelle, à plusieurs mètres du sol. Les écoles de Nairobi semblent également apprécier la visite et se succèdent des ribambelles d’enfants en uniformes qui accourent participer au festin : une cinquantaine de bambins tout de bleu vêtus, suivis d’une soixantaine en vert, suivis de….

« J’avais une ferme en Afrique, au pied des collines du Ngong ». Les collines du Ngong sont maintenant une belle banlieue de Nairobi. Les plantations de café ont fait place aux grandes villas et la ferme de Karen Blixen est un musée. « Karen » est d’ailleurs le nom de ce quartier. La maison du contremaître de l’ancienne ferme est devenue un restaurant doté d’un beau jardin où nous passons quelques douces heures de repos.


Au camping Jungle-Junction de Nairobi, nous retrouvons Pia et Poul qui arrivent d’Ouganda. D’autres voyageurs sont là, qui souhaitent remonter vers l’Ethiopie et qui ne savent que faire. Certains n’envisagent pas d’autre route que celle de Marsabit. D’autres plus téméraires veulent tenter la route qui longe la Somalie. Chris, le propriétaire du camping nous suggère : « pourquoi ne pas remonter par l’Ouest du lac Turkana ? J’ai pris cette route à 4 reprises. Le seul problème pourrait être de traverser l’Omo River mais même dans ce cas, il suffit de suivre la route vers le Nord et contourner la rivière. » Effectivement, les cartes indiquent une belle route qui file vers le Nord. C’est décidé, nous prendrons la route à l’Ouest du lac Turkana. Nous évitons la mauvaise piste Isiolo-Moyale et mettons entre nous et cette région troublée la rassurante barrière du lac et de ses marais. Nous ferons route avec Pia et Poul.


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