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Du 25 au 28 novembre 2004 : dans le pays Dogon

Dernière mise à jour : 23 janv.

Depuis Bandiagara, nous remontons avec le guide Amadou Traoré pendant 3 jours durant, la piste qui longe la fameuse falaise de Bandiagara du pays Dogon. Dans cette région ultra-touristique, le business est roi et la visite des villages ne se passe agréablement qu’accompagné d’un guide. Le pays Dogon profite à fond de la manne touristique. Nul ne peut visiter ou prendre une photo sans bourse délier. Le guide lisse les contacts qui sont, en sa présence toujours agréables. Il connaît les multiples interdits qui règnent dans les villages animistes et paie les différents tributs instaurés par chaque village. Certains guides racontent même l’histoire de leur pays. Pas le notre. Peu disert, il nous montre le chemin sans s’étendre en explications. Heureusement nous avons quelques bouquins ! De plus Amadou essaiera, au cours du voyage, de nous laisser en cours de route : 2 jours de « guide », évidemment payés 3. On se débat, et il argumente. Mais finalement, comme nous n'avons pas encore payé la totalité de la somme due, Amadou décide de rester finalement 3 jours avec nous. Nous déconseillons ce guide à d’autres voyageurs…


Si les villages habités, qui se trouvent au pied de la falaise, ne sont pas très différents d’autres villages que nous voyons au Mali, leur mise en valeur dans un les rares reliefs de ce pays plat, est réelle : la falaise orangée, les dunes de sable, les champs de mil et les baobabs, les cases et les silos à grains constituent un délice pour les yeux. De plus, dans la falaise se trouvent les anciens villages Dogon, du temps où il fallait se protéger d’agresseurs, et les villages troglodytes des pygmées qui ont été chassés par les Dogons, dans des temps encore plus anciens.

Comme en Mauritanie, le guide s’installe à l’avant du Land, à côté de Pascal. Léa et Nathalie, qui a Rose sur les genoux, sont à l’arrière. Et « l’autobus malgache » part en visite…




Pour emprunter la route bétonnée qui descend en bas de la falaise, nous traversons d’abord le village de Djiguibombo.






Nous visitons le joli village Kani Kambolé avec ses mosquées et ses nombreux baobabs. Le baobab est l’arbre sacré des Dogons : ils utilisent les feuilles pour faire des sauces, mangent le fruit ou confectionnent avec des instruments de musique, et tressent des cordes avec son écorce. Les baobabs du pays Dogon portent ainsi à leur base les cicatrices caractéristiques de leur écorce prélevée.






Nous visitons l’ancien village de Téli qui offre une belle vue de la plaine en contrebas. Depuis la falaise, tous les sons provenant du village habité en contrebas nous parviennent dans un bruyant méli-mélo de discussions, bruits d’outils, de cris du bétail…




Dans l’ancien village d’Endé, nous rencontrons le plus vieil habitant d’Endé qui vit seul, en ermite : c’est le sage, gardien des traditions.





Nous escaladons la falaise jusqu’au village d’Indelou, en passant par la faille du même nom. Une longue marche, avec des passages vertigineux (ceux qui connaissent apprécieront) que Léa accomplit entièrement, toute fière de faire de « l’escalade ». Ces efforts sont récompensés par la visite du joli village où nous dormons à la belle étoile, sur le toit d'une maison.









Nous redescendons d’Indelou en visitant au passage le village de Benimatou. Dans ce village chrétien, nous voyons, dans son enclos, le premier cochon de notre voyage.






A Amani nous allons voir les caïmans

sacrés. Mais les divins reptiles, se chauffent au soleil et restent immobiles sans même bouger une paupière. Léa et Rose, un peu déçues, semblent douter de leur réalité.





Irelli est le village qu’a visité Jacques Chirac, lors de son passage au Mali, il y a quelques mois car c’est un des plus beaux villages. Nous y voyons en effet une belle « case à palabre » peinte. La case à palabres est le tribunal. C’est une sorte d’abri sous lequel on ne peut se tenir debout : lorsqu’un différent existe entre deux protagonistes très énervés, le plafond bas tient tout le monde voûté et empêche les bagarres. La case à palabre d’Irelli porte un étonnant totem où est représentée une paire de tongs !


Le village animiste de Yuga, perché dans les rochers est spectaculaire. Des habitants occupent encore les logements troglodytes abandonnés dans les autres villages. Nous visitons au pas de course le village de Banani où la pression sur les touristes est la plus intense : à fuir !

Après ces 3 jours riches et passionnants nous quittons notre guide et poursuivons seuls la piste vers le Nord au milieu d’un magnifique paysage de savane. Nous quittons le pays Dogon le 28 novembre en fin de journée. Et nous regagnons le bitume à quelques kilomètres de la ville de Douentza.

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