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Les 26 et 27 mars 2005 : Lüderitz et la ville fantôme






Après une étape à Keetmanshoop pour un plein de gasoil, nous obliquons plein Ouest, vers Lüderitz. Nous arrivons en Namibie au sortir de sa saison des pluies : le désert se couvre parfois de véritables prairies. Des plages de verdure dans le désert, voilà ce à quoi le Sahara ne nous avait pas habitué ! Les paysages sont somptueux et changeant.

A mesure que nous avançons vers l’Ouest, nous traversons d’abord des plaines verdoyantes, ourlées de montagnes et couvertes de petites fleurs jaunes. Parfois ce sont de hautes herbes dont l’extrémité est garnie d’un plumet blanc : les prairies sont alors blanches et scintillent de reflets argent au soleil. Plus loin encore, l’herbe est brûlée de soleil et les plaines sont jaunes d’or. C’est un festival de couleurs et d’espace.


Le mystère des clôtures du désert s’éclaircit : la piste est régulièrement coupée par des barrières anti-animaux. La clôture arrive de part et d’autre d’un trou au milieu de la route qui est recouvert de barres horizontales, aisément franchissable en voiture. Ce système doit être désagréable aux sabots et aux pattes des quelques animaux que nous apercevons : grandes antilopes grises oryx (ou Gemsbok), les petites springboks bondissantes, des autruches, des chevaux sauvages et même quelques zèbres. Quelques rares moutons ou vaches laissent supposer que les fermiers clôturent leurs terres également pour ces troupeaux domestiques.

A quelques kilomètres de Lüderitz, les dunes apparaissent. Nous longeons maintenant la vaste zone diamantaire de Namibie. Elle est rigoureusement interdite aux promeneurs et, c’est à y rien comprendre, c’est un des rares espaces non clôturés que nous ayons vu en Namibie. Quelques panneaux rappellent pourtant que cette zone est interdite et attention : il paraît que les gardes ne sont pas joueurs… Tant pis pour les diamants.


La Namibie est une ancienne colonie allemande et Lüderitz est une petite ville allemande en pleine Afrique. Les maisons semblent transportées d’Europe au milieu des dunes. Il y a même une Bismarck Street.



C’est le week-end de Pâques et les vacances en Afrique du Sud. Nous ne sommes pas seuls à Lüderitz et sur les routes. Nous croisons des 4X4 surmontés de leur tente de toit ou tirant de grosses remorques équipées pour le camping, typique des sud-africains. Ce rush n’a pourtant rien de comparable avec nos départs en vacances et leurs monstrueux bouchons. Il y a ici beaucoup de place, et nous ne croisons guère plus d’une dizaine de voitures par jour dans ce pays désertique qui héberge 1,8 millions d’habitants pour un territoire deux fois grand comme la France


Nous longeons la péninsule de Lüderitz et gagnons la plage de Grosse Bucht à la recherche des flamands roses qui s’y trouvent. Ce n’est pas la saison du flamand, mais nous apercevons tout de même quelques uns de ces gracieux volatiles. La plage de sable gris est environnée de roches grises également. L’endroit n’est pas très beau mais nous nous y installons tout de même pour un de ces bivouacs que nous affectionnons : le sommeil bercé par le bruit des vagues.

Non loin de Lüderitz se trouve Kortmanskop la « geisterstadt » ou ville fantôme. Ancienne cité minière exploitant les diamants, la petite ville fut abandonnée en 1956 au profit d’un gisement plus lointain. Les dunes ont envahit ses rues, son hôpital, son théâtre et casino… Nous déambulons dans la cité fantôme et visitons quelques bâtiments. Certaines maisons étaient magnifiques et riches d’un luxe incroyable pour cet endroit perdu dans les sables.

Nous quittons Lüderitz par une belle route asphaltée balayée par le vent et des langues de sables ondoyantes.



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